Afin de décrire le milieu forestier, nous présentons un texte tiré du livre Trésors cachés de nos forêts, publié par l'Agence régionale de mise en valeur des forêts privées du Bas-Saint-Laurent. L'extrait décrit les types de peuplements d'arbres qui partagent les collines de la région.
Par sa topographie, sa composition forestière et sa flore, la région du Bas-Saint-Laurent est l'une des plus diversifiées du Québec. Elle est abondamment irriguée grâce à de nombreux lacs et cours d'eau. On y retrouve plusieurs rivières d'importance et des bassins hydrographiques de bonne étendue comme ceux du lac Témiscouata et de la rivière Matapédia.
La distribution générale des arbres et de la flore est influencée par les variations climatiques. Ainsi, le climat est davantage favorable à l'installation d'une plus grande diversité d'espèces au sud-ouest de la région qu'au nord-est. Cette différence de végétation peut aussi se retrouver localement si l'altitude varie de façon importante : on retrouvera, par exemple, plus d'espèces d'arbres au pied des hautes montagnes qu'à leur sommet.
Au niveau local, la répartition des différents peuplements forestiers est déterminée par la nature du sol. Ainsi, l'érablière sucrière se retrouve souvent au sommet ainsi qu'aux flancs des collines, où le sol est épais et moyennement drainé, alors que les cédrières sont habituellement situées dans les dépressions humides. Le pin et le chêne rouge colonisent les sommets plus secs alors que l'orme d'Amérique et le peuplier baumier s'installent de préférence sur les bords des cours d'eau, là où le sol a une texture plus fine, est plus humide et souvent argileux.
Au Québec, on retrouve trois grandes zones de végétation : la forêt feuillue, la forêt mélangée et la forêt boréale. Le Bas-Saint-Laurent se retrouve à la jonction de ces trois grandes zones, ce qui en fait une des régions forestières des plus diversifiées sur le plan de la végétation. Les zones de végétation se subdivisent en domaines climatiques, lesquelles fournissent des indications plus précises sur la végétation au niveau local.
La flore de ce domaine est des plus diversifiées et, en plus des essences courantes (pruche, érable à sucre, érable rouge, peuplier, etc.), on y retrouve le tilleul d'Amérique, l'ostryer de Virginie et le frêne d'Amérique.
Ce domaine représente la transition de plus en plus évidente entre la forêt feuillue et la zone mélangée. Des espèces de la flore au sud (dicentre du Canada, médéole de Virginie, ail des bois) sont de moins en moins courantes et la forêt est caractérisée par l'érablière sucrière et le bouleau jaune, alors que sur le sommet des collines on retrouve de plus en plus de peuplements résineux.
À l'intérieur de ce domaine, on entre dans la forêt mélangée où le sapin devient dominant. Le bouleau jaune y est bien représenté et l'érablière sucrière occupe encore certains sites favorables. La flore devient moins variée, même si on trouve encore de beaux exemples de sites diversifiés.
La forêt boréale apparaît ici plus évidente avec d'importants peuplements de sapin et un climat plus frais et humide. Le bouleau blanc est très abondant et la flore peu élaborée. Ce domaine correspond à l'extrême est de la région, là où le relief est plutôt montagneux.
Chaque peuplement d'arbres possède une flore de sous-bois qui lui est propre. Ce sous-bois et la canopée des arbres dominants, qui jettent de l'ombre au sol, offrent abri et nourriture à une faune qui varie entre les types de forêts. Les nutriments sont recyclés dans le sol par l'intervention d'éléments ; notamment de champignons forestiers, qui décomposent le bois mort et qui rendent disponibles, pour les générations futures, des éléments essentiels (comme l'azote) emprisonnés dans les êtres vivants. Les cours d'eau, lacs, marécages et tourbières sont autant d'écosystèmes qui rehaussent la biodiversité des paysages forestiers.
De nos jours, la forêt du Bas-Saint-Laurent n'est plus un écosystème entièrement à l'état naturel. Au cours du siècle dernier, les coupes forestières, qui sont des perturbations plus sévères et plus fréquentes que celles qui caractérisaient autrefois cette région, ont modifié la dynamique naturelle des paysages forestiers. Les scientifiques de l'Université du Québec à Rimouski tentent de répertorier ces impacts afin d'ajuster le mieux possible les pratiques forestières à la dynamique naturelle des forêts, tout en considérant les besoins sociétaux divers. Parmi les questions auxquelles ils tentent de répondre, on retrouve : Après une exploitation d'un siècle, la forêt possède-t-elle toujours la capacité de revenir à un état qui s'apparente à son état naturel? Les méthodes modernes d'exploitation forestière imitent-elles vraiment les perturbations naturelles? Les réponses à ces questions contribueront à l'amélioration continue de notre façon d'exploiter cette ressource naturelle importante.
Agence régionale de mise en valeur des forêts privées du Bas-Saint-Laurent. 2002. Trésors cachés de votre forêt. Guide pour mieux connaître et protéger la biodiversité des forêts privées du Bas-Saint-Laurent. Rimouski, Québec. p. 10 -11.