L'architecte souligne les aspects les plus fragiles de la nature plutôt que de les interpréter et nous rend pleinement actifs dans la découverte des écosystèmes. Ainsi, le visiteur conscientisé à l'aspect de la conservation découvre en même temps toute la poésie, la beauté et l'authenticité présentes dans chaque élément du paysage.
Les rondins empilés ont été créés pour protéger et mettre en valeur un peuplier baumier (Populus balsamifera) à trois troncs âgé d'environ 100 ans. Avant d'aménager cette structure, les gens passaient devant cet arbre sans s'arrêter, aussi impressionnant était-il. Avec la structure des rondins empilés, les gens prennent enfin le temps de s'arrêter et d'observer l'arbre centenaire.
Construite de diverses espèces d'arbres tombés à différents endroits du Parc, la cabane offre le repos à mi-chemin du sentier. Sa fenêtre donne un point de vue très intéressant sur la baie Mitis. Les naturalistes profitent de cet endroit pour informer les visiteurs sur la forêt de la région.
Le site du Parc abrite plus d'une quinzaine d'espèces de mousses. Souvent ignorées lors des promenades en forêt, les mousses sont mises en valeur par cet aménagement. Au détour d'un sentier, une immense pierre recouverte de mousse est entourée par un treillis tissé de cornouiller. Une véritable œuvre d'art, encadrée de matériaux naturels.
Bâtie à l'image des traditionnelles maisons longues huronnes, cette maison guide le visiteur vers le sentier menant au fleuve. Ce dispositif permet aux naturalistes de mieux renseigner les visiteurs sur les habitudes de vie des premiers habitants du site : les Amérindiens. Initialement présentée par Pierre Thibault au Jardin des tuileries à Paris, cette œuvre prend une nouvelle expression dans la nature gaspésienne.
De retour vers le bâtiment principal, la classe offre des tables et des chaises sculptées à même les troncs d'arbres. Permettant des formations en plein air, la classe offre un cadre d'apprentissage des plus intéressants.
Les Amis des jardins de Métis ont fait don des aménagements réalisés lors de la première édition du Festival international de jardins par Plant Architect. Formé des architectes Lisa Rappaport, Mary Tremain et Christopher Pommer, Plant se spécialise dans des interventions en milieux naturels.
Le lit de pierres agit littéralement comme un hamac dans lequel le visiteur peut s'étendre pour observer la canopée. Il invite le visiteur à regarder la forêt sous un angle vertical plutôt qu'horizontal. Situé parmi un sol recouvert de mousses et de lichens, le lit permet les premiers points de vue sur la rivière Mitis à travers la forêt.
Tournant le dos au sentier, le banc-bosquet offre, du haut d'un précipice, une impressionnante vue sur l'épaisse forêt et la canopée. Une vue semblable à celle qui pourrait s'offrir du haut d'une cabane dans les arbres. D'un siège très intime (un peu à la façon d'un boudoir), le visiteur est confronté à la pleine profondeur de la forêt.
À partir d'une position nichée parmi les arbres, la chaise longue offre probablement la vue la plus intime du grand Saint-Laurent. Sur la chaise longue, le visiteur peut, à son aise, écouter le son des marées.
Le belvédère du milieu humide permet d'observer un jeune milieu humide. Il est fait de matériaux naturels tels des branches de cornouiller stolonifère et de cerisier de Virginie. L'endroit permet aux visiteurs d'être au cœur du milieu humide sans aucun impact négatif sur celui-ci. Les lieux sont formidables pour l'observation d'oiseaux et la familiarisation avec la flore du marécage.
Le belvédère de la rivière est le meilleur point de vue du sentier du Parc. Donnant un panorama sur l'embouchure de la rivière Mitis, il est un point important qui permet l'observation des oiseaux aquatiques fréquentant ce milieu.
Du sommet de la tour, nous avons une vue sur les environs ainsi que sur la forêt qui l'entoure. Cette tour s'inscrit dans l'objectif du Parc de la rivière Mitis qui vise ? promouvoir l'observation des paysages et permettre aux résidents de la région de suivre un parcours animé le long du fleuve Saint-Laurent.
La pratique de Pierre Thibault, architecte, se distingue depuis 15 ans par les réponses sensibles apportées aux besoins des clients et au contexte environnemental. La qualité de son travail et de ses réalisations ainsi que la maturité de sa réflexion architecturale lui ont déjà valu plusieurs prix et mention au Québec, au Canada, aux États-unis et en Europe.
Pierre Thibault introduit dans le processus de conception le pouvoir exceptionnel de transformation des saisons au Québec. Les lieux à créer par l'architecte favorisent un dialogue avec leur environnement au fil du temps. Cette démarche unique de création basée sur l'interaction entre le bâti et le non-bâti se concrétise à travers des réalisations d'envergure dans le secteur institutionnel et privé.
Exposé et célébré un peu partout à travers le monde, Pierre Thibault ne cesse d'interpeller et de fasciner. Ses ancêtres ont possédé, il y a bien longtemps, les terres du Parc de la rivière Mitis et c'est avec les yeux d'un enfant qu'il a découvert ces paysages auxquels il est tant attaché. L'architecte voue un amour profond pour la nature et défend l'architecture éphémère qu'il trouve pleine d'intelligence. Les projets de Pierre Thibault privilégient un dialogue constant avec l'environnement et tiennent compte de l'évolution au fil du temps. La notion de territoire est très présente dans son langage architectural et sa maîtrise du bois constitue l'une de ses marques de reconnaissance. En 2001, il a participé au Festival international de jardins en présentant une réalisation intitulée " Le jardin du territoire ". Cette présentation a inspiré le projet actuel d'aménagement du Parc de la rivière Mitis. En décembre 2003, l'excellence architecturale de son travail au Parc de la rivière Mitis lui a valu un prix décerné par le magazine Canadian Architect.
Texte tiré du site Web de Pierre Thibault